pologne
Le marché du travail polonais a connu une transformation complète depuis l'adhésion à l'Union européenne. Le chômage de masse des années 2000 a laissé place à des pénuries de personnel dans de nombreux métiers, tandis que les salaires progressent rapidement sans avoir rejoint les niveaux de l'Europe occidentale.
Le taux d'emploi atteignait 73,0 pour cent au premier trimestre 2026 et le nombre de salariés à temps plein s'établissait à près de 15,7 millions. Le taux d'activité des femmes reste inférieur à la moyenne de l'Union européenne, notamment en raison de l'âge légal de départ à la retraite fixé à 60 ans pour elles et à 65 ans pour les hommes.
Le taux de chômage harmonisé compte parmi les plus bas de l'Union européenne, autour de 3 pour cent, alors que le chômage enregistré auprès des agences pour l'emploi s'établissait à 5,8 pour cent en 2026. Le chômage des jeunes atteignait 11,2 pour cent. Les écarts régionaux persistent entre les métropoles et les voïvodies du nord et de l'est.
Le salaire minimum légal s'élève à 4 806 zlotys bruts par mois au 1er janvier 2026, soit environ 1 137 euros, après 4 666 zlotys en 2025 et 4 242 zlotys en 2024. Ces relèvements successifs ont fortement comprimé l'éventail des rémunérations dans les secteurs peu qualifiés.
Le salaire brut moyen atteignait environ 2 170 euros par mois en juin 2026, pour un salaire net proche de 1 560 euros. La progression annuelle des rémunérations s'établissait à 6,8 pour cent, soit un rythme nettement supérieur à l'inflation. Les métiers de l'informatique, de la finance et de l'ingénierie affichent les niveaux les plus élevés.
La main-d'oeuvre ukrainienne occupe une place devenue structurelle dans la construction, la logistique, l'agriculture, l'hôtellerie et les services à la personne. Environ un million de réfugiés ukrainiens résidaient encore dans le pays au printemps 2025 et une large part des adultes en âge de travailler occupe un emploi déclaré.
Les employeurs signalent des difficultés de recrutement dans les métiers industriels, le transport routier, la santé et le bâtiment. La démographie déclinante et le départ à la retraite de générations nombreuses accentuent ces tensions. Les entreprises recourent de plus en plus à des travailleurs venus d'Asie du Sud et d'Asie centrale.
Le départ de plus de deux millions de Polonais vers le Royaume-Uni, l'Irlande et l'Allemagne après 2004 a durablement réduit la population active. La convergence des salaires et le Brexit ont ensuite favorisé des retours, sans compenser les pertes accumulées. Une communauté polonaise reste établie en Suisse, notamment dans la santé et la construction.